Les facteurs de risque généraux en chirurgie orthopédique

1 - Le Tabac

Le tabagisme actif est un facteur de risque de mauvaise cicatrisation tissulaire, et donc de complications cicatricielles. En cas de retard de cicatrisation (retard ou incident de fermeture de la plaie opératoire), le revêtement cutané n’est pas étanche pendant un temps trop long, ce qui est un facteur de risque d’infection du site opératoire. Le tabac, et notamment la nicotine, empêche la consolidation osseuse, pouvant entrainer un retard de consolidation osseuse et donc des suites opératoires plus longues. L’absence de consolidation osseuse appelée "pseudarthrose", est beaucoup plus fréquente. Il est donc vivement conseillé d’arrêter toute consommation de tabac avant un acte de chirurgie orthopédique. A défaut d’arrêter totalement, il existe un réel bénéfice à l’arrêt du tabac 45 jours avant et 60 jours après une intervention chirurgicale. L’usage de vaporette est équivalent à la consommation de tabac (cigarette, I QOS), puisque c’est la nicotine qui est principalement responsable des effets indésirables du tabac.

2 - Surpoids, Obésité

Le surpoids et l’obésité dont des facteurs de risque de retard de cicatrisation et d’infection du site opératoire. En effet, dans ces conditions il existe un état inflammatoire de base important, entrainant un risque d’infection du site opératoire plus important. Il est conseillé, en cas d’intervention chirurgicale programmée, de différer la date opératoire pour consulter un nutritionniste avant l’opération. Cela permettra de mettre en place un régime alimentaire équilibré, et de trouver une activité physique adaptée permettant de réduire cet état inflammatoire de base. Il est conseillé de ne pas faire de régime alimentaire de votre propre chef, car il y aura un risque de malnutrition voire de dénutrition, et vous aurez besoin de glucides, de lipides, et de protéines pour cicatriser. 

 

3 - Hyperlipémie, hypercholestérolémie

Les anomalies du bilan des graisses ou lipides est également un facteur de risque de cicatrisation tissulaire et de consolidation osseuse. L’avis d’un nutritionniste voire d’un endocrinologue est conseillé avant une intervention de chirurgie orthopédique.

 

4 - Le diabète

Le diabète est une anomalie du métabolisme glucidique qui entraine une glycémie sanguine trop élevée. Il s’agit d’un facteur de risque majeure de troubles de cicatrisation cutanée et donc infectieux, lorsqu’il n’est pas contrôlé. A noter que le temps de consolidation osseuse peut être multiplié par 2 en cas de diabète, même équilibré. Il est donc crucial d’obtenir un équilibre de son diabète avant toute intervention de chirurgie orthopédique programmée, avec des taux de glycémie et d’hémoglobine glyquée normalisés 6 mois avant l’intervention. Un suivi régulier par un diabétologue est indispensable.

 

5 - La carence en vitamine D

La carence en vitamine D est particulièrement sévère chez l’enfant puisqu’elle est à l’origine du rachitisme. Chez l’adulte, la carence limite la fixation du calcium au niveau des os, diminue la minéralisation osseuse, ce qui entraine une potentielle faiblesse osseuse et un retard de consolidation en cas de fracture ou d’ostéotomie. L’exposition solaire est connue pour stimuler la production de vitamine D par l’organisme, mais dans des conditions particulières d’ensoleillement, il n’est pas rare d’être carencé même dans nos régions du sud de la France. Nous pouvons donc être amenés à prescrire de la vitamine D et à doser son taux sanguin avant et/ou après supplémentation. L’apport en vitamine D permet également de réduire l’oedème osseux et donc les douleurs osseuses.

 

6 - Le mauvais état circulatoire

Les problèmes de circulation artérielle entrainent une mauvaise perfusion des tissus périphériques, et donc de potentiels troubles de cicatrisation et de consolidation osseuse. Il sera préférable avant toute intervention de réaliser un écho doppler artériel et veineux et de prendre l’avis d’un chirurgien vasculaire et/ou d’un cardiologue en cas de trouble de perfusion, avant toute intervention chirurgicale. Le mauvais retour veineux est également à prendre en compte avant toute intervention et peut nécessiter une prise en charge en amont.

 

7 - Les pathologies inflammatoires chroniques

Les corticoïdes, les immuno supresseurs et les biothérapies sont utilisés dans les maladies inflammatoires chroniques (poly arthrite rhumatoide par exemple), ils peuvent représenter une toxicité tissulaire avec un risque pour la cicatrisation des tissus. L’arrêt de ces traitements sera systématiquement discuté pour une période dépendante des médicaments. C’est le rhumatologue qui décidera de la durée d’arrêt du traitement, avec l’anesthésiste. En général ces médicaments peuvent être repris après cicatrisation cutanée.

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